jeudi 30 juin 2016

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, je vous propose un court extrait de mon roman d’aventures science-fiction « APPARENCES »
Disponible chez « Mon Petit Editeur »

https://www.monpetitediteur.com/apparences.html/


[...] Tremblant de tout son corps, il poussa doucement la porte en bois pour se trouver dans une grande pièce enfumée éclairée aux lampes à pétrole. Dans ce clair-obscur se dressait un immense comptoir en bois sombre où des mines patibulaires s’y tenaient accoudées. Les tables ne désemplissaient pas de gens aux allures de mendiants mangeant goulûment et buvant sans soif. Les conversations bruyantes se prolongeaient sans discontinuer avec des femmes vulgaires et pas farouches montrant une poitrine aussi généreuse qu’elles. Ces gourgandines allaient de table en table en buvant avec satiété avec des hommes plus que mûrs.
Assis dans un coin, Alexander aperçut un petit homme sans âge complètement édenté riant éperdument d’un son rauque, dégageant une forte odeur de tabac lui piquant les narines. Le nom de l’enseigne ne ressemblait en aucun cas avec l’atmosphère ambiante. Alexander comprit ce qu’était une gargote au XIXe siècle. Tétanisé, se sentant mal à l’aise dans cette ambiance de bouge mal famé, il prit sur lui pour rester dans ce lieu immonde.
Le tenancier, un homme très gros chevelu et barbu aux manches retroussées le regarda arriver sans lui porter d’intérêt. Posés sur le bar, des pichets de vin, plutôt de vinasse exhalant une odeur âcre prenant à la gorge, le dégouttèrent tellement qu’il commanda de la bière. L’homme la lui servit dans une chope en verre à la transparence douteuse. Faisant mine de rien, il demanda timidement au patron debout derrière son comptoir, s’il avait vu un certain « Philibert ». Le dévisageant d’un air ahuri, il lui répondit par bribes qu’il ne le connaissait pas et qu’il n’aimait pas les questions des étrangers.
Bien qu’Alexander fût rembarré, son intuition le força à rester. Il se sentit espionné de toutes parts par son allure opposée des clients de cet infâme endroit. Inquiet, il examina tous les recoins de la pièce et but une longue gorgée de bière en évitant de regarder le verre.
Dans la pénombre entre deux hauts piliers en bois, des yeux n’arrêtaient pas de fixer. [...]
L’individu lui fit signe de le suivre à l’extérieur, bien qu’appréhendant un traquenard, Alexander sentit son envie de lui parler, il le suivit sans trop de méfiance. L’inconnu se réfugia sous un porche assez sombre. Arrivé à sa portée, Alexander se fit brusquement plaquer contre le mur, une lame sous sa gorge. Pris au piège, il regretta d’avoir fait confiance à son intuition. Aussitôt, l’homme vociféra agressivement dans un langage cru.
— Qui es-tu maraud ?
— Je ne suis pas un voleur et je n’ai pas d’argent ! lui répondit-il tremblant.
— Alors, pourquoi poses-tu des questions ?
— Non !... Il y a erreur, je cherche quelqu’un. Philibert Morton, le reporter...
Alexander étouffait sous l’emprise des bras costauds de l’inconnu. La lame commença à le piquer à la gorge, laissant couler une goutte de sang.
— Que lui veux-tu ? [...]
— Je me nomme Alexander Junco. J’aimerais vous parler de votre miroir et de votre carnet de notes, je les ai récupérés chez moi.
— Comment ça chez toi ? Tu me les as volé, fripouille.
Continuant à le rudoyer, il lui asséna un coup de poing au ventre. Alexander se plia en deux avec un cri étouffé. L’individu le prit par le col et le serra fortement, surpris, il ne put réagir, suffoquant il marmonna en le suppliant d’arrêter.
— Lâchez-moi et discutons, c’est une longue histoire qui vous intéressera, j’en suis persuadé, ayez confiance en moi. Je sais que vous êtes celui que je recherche.
— Tu n’es qu’un aigrefin avec des boniments pour me duper, je vais t’asséner des coups avec ma badine et tu vas le regretter amèrement.
— Je n’ai pas compris.

— Tu as très bien compris arsouille ! Sache que j’ai aussi une lame bien aiguisée et je sais m’en servir promptement. Suis-moi, mais ne t’amuse pas à m’emberlificoter. [...]